Régler une cintreuse à trois galets pour obtenir le bon rayon

Sur une cintreuse à trois galets, le cadran ou la vis de pression ne donne pas directement le rayon de la pièce. Il indique seulement une position de machine. Le rayon final dépend aussi de la section, de la matière, de l’écartement des galets et du nombre de passages. Deux tubes de même diamètre mais d’épaisseurs différentes peuvent donc sortir avec deux courbes différentes pour un réglage identique.

La bonne méthode consiste à transformer la machine en procédé mesurable. On part d’une éprouvette, on note chaque position et on ne modifie qu’un paramètre à la fois. Cette discipline est plus rapide que les corrections successives faites à l’œil, surtout quand la série doit être reprise plusieurs semaines plus tard.

Comprendre le rôle des trois galets

Les deux galets inférieurs portent la pièce et définissent sa base d’appui. Le galet supérieur impose la flèche, c’est-à-dire l’écart entre la pièce courbée et une ligne droite reliant deux points de mesure. Lorsque ce galet descend, la matière se courbe entre les appuis. Certaines machines permettent de modifier leur écartement, d’autres non. La notice fixe la géométrie et les capacités autorisées.

La MetalPro RBM 30 HV illustre cette architecture avec deux galets entraîneurs, un réglage manuel du galet supérieur et une vitesse de rotation de 9 tr/min. Sa commande au pied laisse les mains disponibles pour guider une pièce longue. La TR-40 applique le même principe dans un format manuel plus léger.

Créer une référence avant de chercher le rayon final

Avant la première passe, marquez le début et la fin de la zone utile. Ajoutez un trait tous les 100 ou 200 mm selon la longueur. Vérifiez ensuite que les galets latéraux sont parallèles et que la pièce entre dans l’axe. Si elle dérive dès le premier tour, le problème vient de l’alignement ou d’un guidage asymétrique, pas du rayon.

Notez la position initiale du galet presseur. Faites une première passe légère puis mesurez une corde et sa flèche sur une portion connue. Le rayon se calcule avec R = c² ÷ (8 × f) + f ÷ 2. Avec une corde c de 500 mm et une flèche f de 50 mm, le rayon calculé est de 650 mm. Reprenez toujours les deux points de la corde au même endroit. Un gabarit rigide reste plus rapide pour le contrôle quotidien.

Fermer le rayon par passes régulières

Chaque correction du galet supérieur doit être mesurée. Une graduation de volant, une distance entre deux faces ou la lecture d’un indicateur numérique peuvent servir de référence. La valeur absolue importe moins que la répétabilité. Une inversion du sens peut homogénéiser le travail sur certaines machines, mais elle ne doit être utilisée que si la notice, la transmission et le profil l’autorisent.

  1. Première passe de mise en appui sans chercher la courbure finale.
  2. Mesure du rayon et contrôle du plan de la pièce.
  3. Correction faible du galet supérieur.
  4. Nouvelle passe complète à vitesse constante.
  5. Relâchement de la pièce puis mesure hors contrainte.
  6. Enregistrement du réglage retenu.

Une erreur classique consiste à corriger au milieu d’une passe. La pièce reçoit alors deux rayons successifs et devient difficile à récupérer. Si le réglage est manifestement trop faible, terminez la passe avec la position actuelle puis corrigez pour le passage suivant.

Maîtriser les extrémités droites

Une cintreuse classique sans dispositif de précintrage laisse une portion moins courbée avant que la matière soit engagée entre tous les rouleaux. Cette zone droite dépend de la distance entre les galets. Il faut l’intégrer au débit ou prévoir une surlongueur qui sera coupée après cintrage. Pour un anneau fermé, les deux extrémités doivent se chevaucher suffisamment afin de contrôler la continuité du rayon avant assemblage.

Sur une petite série, débiter toutes les pièces à longueur finale avant le premier essai peut produire beaucoup de rebut. Une éprouvette plus longue montre la longueur réellement perdue aux extrémités. Cette valeur doit rejoindre la fiche de réglage avec le rayon et le nombre de passes.

Retour élastique et changement de matière

Quand la pièce quitte les galets, le métal s’ouvre légèrement. Pour obtenir le rayon demandé après relâchement, il faut donc aller un peu au-delà de la forme finale puis mesurer. Cette surcorrection dépend de la nuance, de la section et du lot. Elle ne doit pas être copiée d’une matière à l’autre. Si la matière change, repartez d’une éprouvette.

Donnée à noter Pourquoi elle compte
Matière et lot Influencent l’effort et le retour élastique
Section et épaisseur Déterminent la résistance et le risque d’ovalisation
Écartement des galets Change la zone d’appui
Position du galet supérieur Rend le réglage reproductible
Nombre de passes Explique la progression vers le rayon final
Surplus aux extrémités Évite un débit trop court

Quand changer de technologie

Le roulage à trois galets convient aux rayons continus. Il n’est pas destiné à reproduire un coude court autour d’une forme. Pour ce besoin, une cintreuse de tubes avec matrice, comme le pack TB-180, donne un angle localisé. Le fabricant Baileigh décrit également le rôle d’une cintreuse à rouleaux pour les grands rayons. Ce repère confirme l’usage, mais seule la notice de votre machine fixe ses capacités.

Construire une fiche de réglage réutilisable

Une fiche de réglage ne doit pas dépendre de la mémoire de l’opérateur. Elle commence par un point zéro reproductible: galet supérieur juste au contact de la pièce, jeu repris dans le même sens et écartement des galets noté lorsqu’il est réglable. Viennent ensuite la position appliquée à chaque passe, le sens de passage autorisé, la longueur engagée et le rayon mesuré après relâchement.

Ajoutez une photo du profil dans la machine et notez le sens de la soudure du tube. Une note comme « cinq tours » n’a de valeur que si le pas de vis, le point de départ et le sens de rattrapage du jeu restent identiques. Une cote entre deux faces mécaniques donne une référence plus solide qu’un nombre de tours seul.

Exemple fictif de relevé, à ne pas copier comme réglage
Passe Position galet Rayon après relâchement Observation
0 Contact, cote 82,0 mm Pièce droite Point zéro
1 80,0 mm 2 400 mm Aucune marque
2 77,5 mm 1 320 mm Plan correct
3 75,8 mm 980 mm Rayon proche cible
4 75,4 mm 950 mm Valeur retenue

Les valeurs du tableau sont un exemple de méthode, pas un réglage à copier. Elles montrent que la relation entre position et rayon n’est pas linéaire. Une correction de 2,5 mm peut modifier fortement le grand rayon, puis une petite correction devient suffisante près de la cible. Chaque machine et chaque profil ont leur propre courbe.

Repérer une pièce qui sort du plan

Posez la courbe sur une table plane ou sur trois appuis de contrôle. Si un quatrième point reste levé, la pièce est vrillée. Mesurez l’écart maximal avec une cale. Définissez une tolérance adaptée à la fonction. Une main courante décorative et un cadre destiné à recevoir un vitrage ne supportent pas la même dérive.

Avant de modifier le rayon, vérifiez les guides latéraux, la propreté des galets et la façon dont la longueur libre est soutenue. Une pièce lourde qui tombe sur le côté impose un effort de torsion. Un tréteau réglé à la hauteur de l’axe peut suffire à stabiliser le passage. Si la machine travaille verticalement et horizontalement, conservez une fiche différente pour chaque position.

Diagnostiquer une dérive entre deux séries

  • Comparer la nuance, le fournisseur et l’épaisseur mesurée.
  • Retrouver le même point zéro et rattraper le jeu dans le même sens.
  • Vérifier le diamètre réel des galets et leur propreté.
  • Contrôler les appuis de la longueur libre.
  • Mesurer le rayon hors contrainte et à la même température.
  • Comparer une seule correction à la fois.

Pour choisir le type de machine avant de parler réglage, consultez le guide cintreuse manuelle ou hydraulique. Pour comparer les modèles et leurs capacités, partez de la collection cintreuses. Le protocole de cette page intervient seulement après validation du procédé.